Concours

Jeudi 9 juillet 2009

Lutte ouvrière dans le textile au Maroc

Dans la zone industrielle de Salé, ville dortoir de la capitale marocaine Rabat, des ouvrières du textile mène un combat courageux pour leur emploi et leurs droits.
 1 er aout 2008

La zone industrielle de Salé compte quelques dizaines d’usines de textile comptant quelques milliers de travailleurs, surtout des femmes. L’une de ces usines, Samira Amis, est occupée par ses 250 travailleurs depuis début juillet. Dans une autre usine, Little Jean, deux femmes syndicalistes ont été licenciées le 5 juillet dernier. Les deux usines appartiennent au même patron, Abdelwahed El-Drissi, un membre de l’USFP, le Parti socialiste marocain.
Nous avons rencontré deux ouvrières que nous appellerons Aicha et Khadija, des pseudonymes, car elles craignent des représailles si nous citons leur vrais noms.
Khadija (de l’usine Samira Amis, comptant 250 ouvriers et ouvrières) : « En mai dernier, le patron a pratiquement fermé l’usine faute de commandes. En juin, nous avons occupé l’usine. Le bureau syndical avait appris du client que le patron refusait de nouvelles commandes. Les comités de vigilance du syndicat UMT (Union marocaine du travail, principale centrale syndicale) ont surpris des camions avec des matières premières se diriger vers une 3ème usine du patron. Au bout de 3 jours d’occupation, le patron fait soudainement état d’une nouvelle commande. Un accord est conclu pour la reprise du travail. Le patron s’engage à nous payer en octobre 2008 50% du salaire de juin et 70% de celui de mai. Mais par la suite, il s’avère que la commande se limite à une semaine de travail. Depuis début juillet, nous organisons un sit-in à l’intérieur de l’usine. »
Tous les travailleurs de Samira Amice sont syndiqués. Une chose pas du tout évidente. Car au Maroc, beaucoup de patrons du textile ferment leur usine et la délocalisent (le plus souvent ailleurs au Maroc) dès que les travailleurs se syndiquent.
Que cherche le patron ? Khadija : « Son but est de renvoyer les ‘anciens’ et de les remplacer par des jeunes, sans ancienneté et acquis. D’autres patrons font pareil. Ainsi la société allemande BULTEL, située à quelques pas de là, s’est débarrassée de ses anciens et recrute maintenant des filles de 16 à 20 ans qu’elle paie 400 dirhams (40 €), loin en dessous du salaire minimum légal (environ 1800 DH). »

Aicha travaille dans l’autre usine, Little Jean. La situation y a toujours été plus difficile, car seulement 2/3 des 150 travailleurs y sont syndiqués. Le patron n’y verse pas les cotisations sociales à l’Etat qu’il retient pourtant sur les salaires ni sa propre part qu’il doit légalement verser. La direction de l’usine gère mal l’usine et se comporte de manière arbitraire envers les travailleuses. Plusieurs ont été licenciées sans raisons. Dont deux membres du syndicat. Le but est d’effrayer les ouvrières et de liquider le syndicat.

Le travail dans le textile est difficile. Les travailleuses y bossent 44h par semaine pour un salaire de moins de 2000 DH (moins de 200€ par mois). Mais à beaucoup d’endroits, ce salaire minimum n’est même pas respecté. A Samira Amice et Little Jean, les travailleurs ont droit à 21 jours de congés par an. Mais c’est le patron qui fixe les dates. Et les travailleurs sont mis au courant parfois seulement 15 jours à l’avance. Et parfois ils sont rappelés pendant leurs congés.
Lorsque nous visitons le zoning en compagnie du responsable syndical local Abderrazzak El Drissi de l’UMT, nous remarquons que le patron a enlevé les plaques avec le nom des usines. Prépare-t-il la fermeture ou la délocalisation ?  Mais Aicha et Khadija, deux jeunes femmes, ne l’entendent pas de cette oreille et sont bien décidées à poursuivre courageusement le combat, avec leur syndicat.


 

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Samedi 27 juin 2009

Fédération nationale des ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales (UMT)

Communiqué


Casablanca, 6 juin 2009

La Commission administrative (CA) de la Fédération nationale des Ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales commémore le 3ème anniversaire du décès du martyre Mustapha LAAREJ sous thème : « mémoire du martyre : Lutte continue jusqu’à la réalisation des revendications et l’instauration du respect du droit syndical » à travers l’observation d’une grève nationale les 25 et 26 juin 2009
La C.A. de la Fédération nationale des Ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales affilié a l’UMT a tenu, le 6 juin 2009 au siège central de l’U.M.T. à Casablanca, une réunion ordinaire dans un contexte marqué par la hausse vertigineuse des prix et la dégradation sans précédant du pouvoir d’achat des salariés étant donné le gel des salaires des ouvriers et des fonctionnaires des collectivités locales notamment dont les revendications pressantes buttent à l’indifférence du Ministère de l’Intérieur.
Tout en saluant les Ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales pour les résultats obtenus dans les élections des commissions administratives paritaires (CAP) du 15 mai 2009, quoique celles-ci ne traduisent pas le poids réel de la Fédération des Ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales qui dépasse largement ce que le Ministère de l’Intérieur a annoncé, et ce à cause du monopole et de l’intervention flagrante de celui-ci dans toutes les étapes de cette opération et le rejet de nos propositions et revendications, notamment l’insistance sur l’appartenance syndicale dans les élections régionales et dans certaines communes rurales, ainsi que l’interprétation erronée de la loi que dicte le tempérament, la commission administrative a traité de la situation du personnel des collectivités locales dont les conclusions sont les suivantes :
1- Grande dégradation des libertés syndicales au niveau des collectivités locales à cause de l’abus de certains présidents des collectivités locales et des gouverneurs des provinces et des préfectures, soit en confisquant les droits syndicaux, soit en limitant leur exercice (Refus de résoudre le dossier des congédiés pour des raisons syndicales qui sont perçus comme des coupables et nom comme des victimes, refus de présenter les accusés de réception et de recevoir les dossiers légaux, refus du dialogue, sanctions ,etc.) en témoignent le cas du militant M. Rami BOUJEMAA relevant de la municipalité de Tifelt, province de Khemisset qui a été suspendu depuis 3 ans et le cas du militant Abderrahim EL BAGHDADI, fonctionnaire à la commune de Tsiris, province d’El Jadida qui a été victime d’une décision de suspension du salaire pour une durée de 4 mois.
2- L’indifférence du Ministère de l’Intérieur vis-à-vis des revendications des ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales, notamment l’indemnité spéciale, l’augmentation des salaires, le respect des droits syndicaux, régularisation du dossier des diplômés, le refus d’intégration de tous les licenciés dans le grade correspondant

( l’échelle 10 ) et les tergiversations concernant la régularisation de la situation des techniciens ayant obtenu un diplôme avant 2006, la régularisation de la situation administrative des cadres médicaux dans les collectivités locales : le cas du Ministère de la Santé , la généralisation de la suppression des échelles (de 1 à 4 ), la régularisation de la situation des catégories qui ne sont pas promues par ancienneté, l’organisation des concours d’aptitude professionnelle, la régularisation de la situation des professeurs de l’éducation artistique, la discrimination provoquée par le Ministère de l’Intérieur entre les fonctionnaires de l’Etat et les collectivités locales concernant l’application de la loi et l’exécution des conventions sociales, l’étrange neutralité de celui-ci à propos de certaines revendications y compris son intervention pour imposer le respect des libertés syndicales ( Le fait de conditionner toutes les questions par l’accord des présidents des collectivités locales vu qu’ils sont des élus et qu’il est impossible de s’immiscer dans leurs affaires).

De ce qui précède, et en commémoration du 3ème anniversaire du décès du martyr Mustapha LAAREJ, La C.A. de la Fédération Nationale des Ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales annonce ce qui suit :
1- Commémoration du 3ème anniversaire du décès du martyr Mustapha LAAREJ sous thème « lutte continue jusqu’à la réalisation des revendications et l’instauration du respect de droit syndical » en observant une grève nationale les 25 et 26 juin 2009 et en organisant une visite à la tombe du martyr dans la matinée du 28 juin 2009, ainsi qu’un colloque national portant sur l’unité syndicale au siège de l’UMT à Khemisset le 28 juin 2009, le soir .
2- Demande au Ministère de l’Intérieur d’ouvrir un dialogue sérieux aboutissant à des solutions concrètes pour les ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales.
3- Contestation de toutes les formes de contraintes exercées contre la Fédération nationale des ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales visant la dissuasion de ses militants d’embrasser les problèmes des ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales.
4- Condamnation de la décision de suspension de paiement des ouvriers de la municipalité de Khenifra, victimes de la délégation du secteur de l’assainissement au privé, ce qui corrobore l’attitude de notre Fédération qui refuse la soi-disant gestion déléguée qui se fait aux dépens des ouvriers.
5- Solidarité avec tous les détenus politiques, notamment les étudiants, et revendication de leur liberté immédiate.
Enfin, La C.A.  de la Fédération nationale des Ouvriers et fonctionnaires des collectivités locales appelle tous les militants de la Fédération à parachever la constitution des structures organisatrices fondamentales régionales et provinciales et à s’apprêter à déterminer les cadres correspondants disposant des conditions requises selon le programme qui sera fixé à cet effet.

 

 

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Samedi 27 juin 2009
Des ouvriers marocains du secteur du bâtiment, emmenés en Algérie par une entreprise marocaine, ont engagé une grève pour réclamer le règlement de leurs salaires que l'employeur, SEGH, n'a pas payé à temps, a-t-on appris de source bien informée à Oran (ouest). L'entreprise marocaine, qui a son siège social à Casablanca, avait signé un contrat avec la société algérienne Mobilar pour la réalisation de 1.520 logements dans la région d'Oran, avec possibilité d'engager et d'emmener des maçons marocains. Ces ouvriers furent hébergés sur le chantier. L'entreprise marocaine avait convenu avec les ouvriers de leur payer un salaire de 5000 dirhams, dont 60 % leur seront versés sur place (en Algérie). L'entreprise n'avait pas payé aux ouvriers leurs dus dans les délais. Le mouvement de grève se poursuit. Selon les dernières informations, l'entreprise avait décidé de rapatrier au Maroc une soixantaine d'ouvriers. Les échos de cette grève ne sont pas parvenus à la presse algérienne.

Source :
www.aujourdhui.ma
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Samedi 27 juin 2009

Ils étaient tous là ce matin du mercredi 27 août 2008. Ils sont venus par centaines de tous les coins du Maroc pour manifester leur colère devant le siège de la SODEA à Rabat.. Ce sont les ouvriers et les ouvrières des deux sociétés étatiques (secteur agricole) : la SODEA (société de développement agricole) et la SOGETA (société de gestion des terres agricoles)

Pourquoi ce ras le bol ?

1- un peu d’histoire :

- Au début du 20ème siècle, des colons (essentiellement français) s’étaient emparés des terres les plus fertiles du Maroc. Expropriation sans indemnité aucune. Ces terres étaient des propriétés collectives des tribus locales. Les paysans expropriés devenaient ainsi de simples salariés. Ce fut l’épopée du capitalisme agraire dans un pays monarchiste semi féodal.

- Au début des années soixante, au lendemain de " l’indépendance de 1956", la superficie des terres héritées du colonialisme dépassait les 800 000 d’hectares. Au début des années soixante dix, une grande partie de ces terres "a été passée" dans des conditions louches à de gros bonnets marocains (militaires et civils). Les membres de la famille royale étaient les premiers à se servir. On n’est jamais mieux servi que par soi même ! L’Etat créa deux sociétés publiques pour la gestion du reste (quelques 400 000ha).

- Au cours des années qui suivent, le roi défunt Hassan II octroie gracieusement des fermes publiques à des individus pour leur loyauté et leur asservissement. Le docteur Alkhatib, le fondateur du PJD islamiste et Ismaïl Alaoui chef du PPS (ex. Pc marocain) font parti des bénéficiaires.

- Depuis quelques années, et dans le cadre de la politique de "privatisation" , le reste des quelques milliers d’ha de terres publiques (de la SODEA et de SOGETA) passent aux mains de nantis , "nationaux" et étrangers, militaires et civils. Des individus qui n’ont rien à voir avec l’activité agraire se retrouvent avec des centaines d’ha de ce qu’il y a de mieux comme terre cultivable.. Un jeune prince s’est vu octroyé quelques centaines d’ha.

2 - Quelques petites remarques :

- Ces terres, les plus fertiles du Maroc, devaient revenir au lendemain de "l’indépendance" à leurs anciens propriétaires( les paysans organisés en tribus : la terre était la propriété collective).

- Ceux du Palais les cadres militaires, les "hommes politiques" (Ahardane du MP, Alkhatib du PJD, Radi de l’USFP, Ismaîl Alaoui du PPS et tant d’autres), les "Hommes" de la culture, du sport...tout ce beau monde a eu sa part du grand gâteau.

- Aujourd’hui , comme leurs ancêtres, Les ouvriers et les ouvrières agricoles sont les victimes de cette nouvelle "razzia". Les nouveaux maîtres des terres de la SODEA et de la SOGETA, ont transformé ces travailleurs en véritables serfs moyenâgeux : ils triment, elles triment sans acquis aucun, et cela malgré les clauses du fameux "cahier de charges". Les nouveaux maîtres, véritables vampires, ont augmenté le rythme de la "suce " (Pardon Mr Molière pour ce mot qui n’existe pas dans votre langue !), multiplié le taux de plus-value.

- Hier, le syndicalisme était banni dans le secteur agricole, les grands propriétaires terriens ne payaient pas d’impôts (aujourd’hui aussi,alors que leurs salariés en paient). C’était la volonté de Hassan II, le premier grand propriétaire terrien du Maroc. Pas de sécurité sociale, pas d’allocations familiales, pas de prestations sociales, pas de retraite...C’était l’esclavagisme déguisé. Une poignée de militants (à leur tête Abdelhamid Amine), a relevé le défi. Ces militants se sont lancés dans une aventure de haut risque. En quelques années ils ont pu bâtir le syndicat agricole le plus puissant du pays. Le syndicat le plus combatif. Des propriétaires terriens députés, politiques, militaires se sont dressés devant eux. Les forces de répression engagent des campagnes d’arrestations (et d’intimidation) des ouvriers et ouvrières agricoles syndiqués... Aujourd’hui, et malgré la précarité de leur situation, ces forces laborieuses ont retrouvé une partie de leur dignité : il fallait les voir le mercredi 27 août 2008, en plein cœur de Rabat, dans un quartier relativement bourgeois scander avec fierté des slogans qui reflétaient leur colère et surtout leur détermination à lutter pour arracher leurs droits.

Bravo aux militants qui ont tout fait pour redonner à ces milliers de travailleurs de l’espoir !

Bravo à Amine, Khadija Ghamiri, Handouf, Hakch, Lahnaoui, Tahar Douraïdi, à Samira Raïs, à Saïd Khaïr Allah et à l’infatigable Khadija Nitassi et aux centaines d’autres syndicalistes dévoués à la cause des travailleurs agricoles !


Mohammedia, le 27/08/2008 Ali Fkir

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Samedi 27 juin 2009

mercredi 22 avril 2009

Marche à Skoura

Dernières infos:

Comme signalé précédemment, les corps de répression ont empêché hier soir (21/4/2009) les paysans de continuer leur marche vers Fès. Les 5 représentants (dont le camarade Aziz El Idrissi qui porte encore les traces de la violence exercée sur eux) ont été relâchés. Les autorités ont permis aux représentants des paysans d'aller à Sefrou "dialoguer" avec les représentants de l'tat.
Le dialogue a eu lieu en présence de 3 militants de Sefrou dont le camarade Ezeddine Manjli, arrêté et condamné au lendemain des événements de septembre 2007.
Le wali de Fès, Boulmane recevra les représentants des paysans avant le dimanche 26 avril 2009 pour voir concrètement comment remettre en bon état toutes les infrastructures détruites par les inondations.
Les marcheures/marcheuses ont regagné Skoura tard dans la nuit. Signalons que pendant que les paysans marchaient vers Fès, les habitants de la région de Skoura ont organisé une grande manifestation. Des camions de renforts ont été dépêchés par les autorités pour "imposer l'ordre".
Les paysans se sont engagés entre eux à ne pas lâcher prise tant que leurs revendications légitimes ne seront pas satisfaites.
Ali Fkir (mercredi 22 avril 2009, 15h)

Les paysan-nes pauvres de SKOURA ont entamé ce matin, mardi 21 avril 2009, une marche vers Fés exigeant l'intervention de l'Etat pour remettre en bon état les infrastructures détruites par les inondations d'octobre 2008. Les marcheurs/marcheuse s ont parcouru jusqu'à présent (midi 55 mn) 20 km . Les militants de l'AMDH de SKOURA se trouvent avec les marcheurs/marcheuse s. Des barrages de forces de répression essaient sans succès de stopper la marche. Le nombre de protestataires est estimé (pour le moment)à 200 paysan-nes.
Ali Fkir, 21 avril 2009 13h10mn

Tél: - Aït Hadi Rachid (au nom des paysan-nes) : 06 68 07 45 97 - Aziz El idrissi (militant AMDH Skoura): 06 10 98 06 13 - Ali Fkir (observateur) : 06 64 27 29 40


La route est coupée entre Skoura et Sefrou:
La route, les collines avoisinantes sont occupées par les différents corps de répression. Toute la région est totalement quadrillée. L'après-midi, 5 représentants marcheurs ont été arrêtés et violentés. Devant la colère des paysans, les 5 militants (dont un membre de l'AMDH) ont été relâchés. Les représentants des protestataires ont été autorisés à rejoindre Sefrou pour entamer des discussions avec les représentants de l'Etat. Ces représentants ont exigé la présence de la section de l'AMDH de Sefrou dans toutes les étapes de négociation.
Les autres marcheurs vont passer la nuit dans le froid glacial de la montagne.
Ali Fkir, 21 avril, 19h44

Les paysans de SKOURA en colère
La région de SKOURA à une trentaine de km de Boulmane, est considérée région sinistrée depuis octobre 2008 : le seul barrage qui alimentait la vallée, 22 km de canalisation (seguya), deux ponts…. ont été complément détruits depuis le 10 octobre 2008.
Le 17 octobre 2008, une manifestation a été organisée (à l’initiatives des militants de l’AMDH) devant le caïdat exigeant une aide urgente aux sinistrés et la reconstruction des infrastructures vitales détruites par les inondations. Au nom de l’Etat, les autorités de la région ont annoncé que les travaux allaient débuter bientôt. Des semaines passent sans nouveau. Devant les questions des sinistrés et des militants de l’AMDH, les autorités s’étaient engagées à entamer les travaux le mois de février 2009.
On est à la fin d’Avril, rien (mais vraiment rien) de concret. Les autorités prétendent que le budget alloué à la province a bénéficié à Missour (autre zone sinistrée où l’AMDH a organisé des sit in et des marches populaires pour obliger l’Etat a intervenir et prendre en charge – c’est le rôle de l’Etat- les dégâts causés par les inondations ).
En colère, les paysans de Skoura ont décidé d’observer un sit in de 2 jours devant le caïdat. Ce qui a été fait le samedi 18 et dimanche 19 avril 2009.
Ce n’est qu’un avertissement crient les 120 paysans en sit in. La prochaine étape connaîtra la participation des centaines de protestataires et d’autres formes de lutte.

Données relatives à la région de SKOURA :
- Province de Boulmane (dont le siège se trouve à Missour )
- A une trentaine de Km de Boulmane
- 750 familles (3 000 « âmes »)
- Plus de 2000 hectares cultivés ou plantés
- La superficie des exploitations/ propriétés varie entre1 (un) hectare et 3,5 hectares ( région peuplée de paysans pauvres)
- 160 000 oliviers (année de bonne récolte : 3 500 tonnes d’olives ; année moyenne 2 600 tonnes ; mauvaise année 1 000 tonnes)
- Plus de 7 000 têtes de bétail
- 261 paysans sont organisés en coopérative dont le rôle essentiel reste la répartition équitable de l’eau
- Deux communes « électorales »
- Un petit barrage alimente en eau toute la région (aujourd’hui détruit à100%)
- Une séguya de 22 km assure la distribution de l’eau (détruite)
- Deux ponts détruits
Selon les estimations des services techniques de la région, le coût des réparations ne dépassera pas 1 milliard de centimes (10 millions de dh).
L’Etat dépense des milliards pour réaliser en quelques semaines des travaux d’aucune utilité sociale, mais il ne fait rien pour sauver 16 000 oliviers, des centaines d’arbres fruitiers , 7 000 têtes de bétail, des cultures de légumes, de blé, de maïs…l’Etat ne fait rien pour secourir 3000 citoyen-es. Les impôts directs et surtout indirects collectés auprès du peuple ne servent en fin de compte qu’à alimenter les comptes bancaires des dilapidateurs des deniers publics, à construire des casernes militaires, des commissariats, de somptueux bâtiments pour les administrations, à renflouer les caisses des patrons en « difficulté », à assurer une vie de paradis aux généraux, aux patrons des corps de répression, à assurer une rente à vie aux ex ministres, aux ex parlementaires et à tous les valets du palais…C’est scandaleux !
L’argent du peuple, au lieu qu’il alimente une caisse de solidarité nationale, il finance l’oisiveté d’une minorité.
« ….. ET GARE A LA REVANCHE , QUAND TOUS LES PAUVRES S’Y METTRONT… ! »
Ali Fkir (Mohammedia le 20avril 2009)

 

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