Hausse du coût de la vie, gel des salaires et effritement du pouvoir d’achat : L’UMT célèbre, mais ne fête pas, le 1er Mai

Publié le par Le Blog - la Voix Des Travailleurs - V.d.T.

Al Bayane 03 05 2009 Face à l’aggravation de la crise et à la cherté de la vie : Vers un Premier Mai plus combatif C’est à un Premier Mai «chaud» que les grandes centrales syndicales s’attendent aujourd’hui, face à l’exacerbation de la crise économique et à la baisse draconienne du pouvoir d’achat des salariés et des couches défavorisées. Les syndicats espèrent revenir, à la faveur de cette conjoncture, aux grandes mobilisations d’antan. Malheureusement, l’unité syndicale fera encore défaut, chaque formation ayant repris ses itinéraires habituels pour les défilés. Les principaux syndicats tablent sur une grande participation ouvrière à la célébration de la Fête des travailleurs, afin de mieux engager le round du dialogue social reporté à la mi-mai, avant d’engager les élections professionnelles et communales. Les enjeux dictent une meilleure mobilisation, surtout aux grandes centrales (UMT, UGTM, CDT, FDT), qui semblent avoir mis les bouchées doubles pour assurer une meilleure prestation. Mais si les mots d’ordre choisis par chacun de ces syndicats diffèrent, la lame de fond reste similaire et, des fois, complémentaire. La défense du pouvoir d’achat et de l’emploi vient en tête des revendications, à côté de la liberté syndicale et de l’amélioration des salaires, surtout dans le secteur public. Plusieurs organisations syndicales ont repris la revendication, exprimée par le PPS et renouvelée dans son appel à l’occasion du 1er Mai, d’une Charte sociale «autour des politiques de l’emploi, de la productivité et de la modernisation économique, ainsi que de la protection sociale de la classe ouvrière et de l’ensemble des salariés et des masses laborieuses». Les autres revendications syndicales restent générales, sectorielles et spécifiques à chaque syndicat. Parfois, elles sont similaires, comme c’est le cas de la défense de la situation des retraités ou du droit de grève. Mais de toutes les centrales, seule l’UMT appelle à l’unité syndicale, tant au niveau de l’organisation que de l’action. M.A. Hausse du coût de la vie, gel des salaires et effritement du pouvoir d’achat : L’UMT célèbre, mais ne fête pas, le 1er Mai Cette année le 1er mai revêt un caractère spécial pour la classe ouvrière, toutes catégories confondues, souligne Miloudi El Moukharek, responsable national à l’UMT. Pourquoi ? Tout simplement, dit-il, parce que l’année a été marquée par une hausse vertigineuse du coût de la vie, l’effritement du pouvoir d’achat et le gel des salaires notamment dans les secteurs privé et semi-public. Partant de ce constat, explique-t-il, les travailleurs affiliés à l’Union marocaine du travail, dont les 38 unions régionales et locales en plus de toutes les fédérations professionnelles et sectorielles, vont descendre dans les rues pour manifester/célébrer (et non pas fêter) la journée mondiale des travailleurs par la protestation contre la situation actuelle. Le slogan «pour la défense du pouvoir d’achat des salariés et l’ensemble des masses populaires» qui sera scandé haut et fort lors de la manifestation est très révélateur, indique El Moukharek. Il rappelle dans ce sens que les préparatifs de la manif du 1er Mai ont commencé depuis longtemps, impliquant une forte mobilisation de tous les secteurs, unions professionnelles, et travailleuses et travailleurs. Et d’ajouter, que toutes les réunions de mobilisation ont été couronnées par le Conseil national de l’UMT (tenu samedi 25 avril à la maison de l’Union) qui a arrêté les formalités pratiques du défilé du Premier Mai et son organisation dans l’ordre, la discipline et la responsabilité. 34 officines syndicales Néanmoins, le responsable national de l’UMT regrette le passage, à cette occasion, de reportages caricaturaux et de scènes présentant des dizaines de badauds qui dénature l’image de notre pays pour tout ce qui est syndicaliste. Et lui, de poursuive que faute de domestiquer l’organisation syndicale mère qu’est l’UMT, on a «saucissonné» la classe ouvrière sous prétexte de pluralisme. Le travail unitaire syndical laisse beaucoup à désirer déplore-t-il. Le chiffre de 34 officines syndicales existantes n’honore pas notre pays, surtout si on tient compte d’une population active qui ne dépasse pas les 2,5 millions de personnes. Selon lui, la division syndicale trouve son origine soit dans les partis politiques qui cherchent, à des fins électorales, à créer leur propre syndicat, soit encore dans l’Administration qui pousse à la division de la classe ouvrière, seule force organisée et organisationnelle. Pour El Moukharek, l’unité syndicale au sein d’une même organisation, indépendante de tout pouvoir politique, patronal et gouvernemental, avec la faculté d’adhérer à un parti politique constitue la vraie démocratie syndicale. Il rappelle à titre indicatif que les grands pays démocratiques n’ont qu’une seule union syndicale, notamment la Grande-Bretagne, les USA, l’Allemagne, le Canada… et que même dans les pays arabes comme la Tunisie, l’Algérie, l’Egypte on ne trouve qu’une seule représentation syndicale. Sur un autre registre, notre interlocuteur confirme que nul ne domestiquera l’UMT, qui reste indépendante et ouverte à tous les partis qui n’ont pas de syndicats et qui croient en l’unité syndicale de cette organisation qui a 54 ans d’existence, d’expérience et de combat…

F.M

www.albayane.ma

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