En Côte d'Ivoire, les dockers du port autonome d'Abidjan, en grève depuis le 2 juin, ont mis fin à leur mouvement le 17 juin dernier.

Publié le par Le Blog - la Voix Des Travailleurs - V.d.T.

Lutte Ouvrière n°2134 du 27 juin 2009

Dans le monde

Côte d'Ivoire - Fin de la grève des dockers d'Abidjan

En Côte d'Ivoire, les dockers du port autonome d'Abidjan, en grève depuis le 2 juin, ont mis fin à leur mouvement le 17 juin dernier.


Le port d'Abidjan est le deuxième plus grand port de conteneurs d'Afrique. C'est dire qu'il occupe une position stratégique, non seulement pour l'économie ivoirienne à laquelle il fournit l'essentiel de ses recettes douanières, mais aussi pour les pays de l'Afrique de l'Ouest.

Déjà en décembre 2008, les activités portuaires avaient été paralysées près d'une semaine. Les dockers réclamaient des augmentations de salaire et voulaient réagir à l'arrogance du patronat. Ce mouvement fut réprimé par la police et plusieurs dirigeants du Collectif national des dockers pour la défense de leurs droits (CNDD), petit syndicat créé en juin 2007, avaient été jetés en prison durant quelques jours. Mais le CNDD sortit renforcé de ce conflit. Aux élections des délégués du personnel de mars, il rafla 36 postes sur 38, en remportant plus de 89 % des suffrages.

La grève déclenchée au début du mois de juin avait pour principale revendication la revalorisation des salaires, mais les dockers mettaient en avant d'autres revendications telles que le respect des libertés syndicales, la fourniture d'équipements de protection, des primes, de meilleures conditions de travail (points d'eau, douches, WC...) ainsi que l'application du protocole d'accord signé au mois de mai, portant sur la revalorisation d'une prime de transport de 2 500 francs CFA (environ 3,8 euros) par mois, d'une prime de rendement, etc.

Le Sempa, syndicat des employeurs du port, a répliqué en menaçant de licencier 6 000 dockers, soit la quasi-totalité de ceux-ci puisque le port en emploie environ 6 300, et en embauchant plusieurs milliers de jaunes. Mais on ne devient pas lanceur de sacs, conducteur d'engin ou encore paletteur du jour au lendemain ! Un patron a d'ailleurs reconnu qu'une équipe n'avait pu décharger que 40 tonnes de marchandise en une nuit, alors qu'une bonne équipe de dockers en décharge au moins 400 tonnes.

Finalement, après deux semaines de grève, et malgré les tentatives d'intimidation de la part du patronat et du gouvernement, les dockers ont repris le travail après avoir obtenu des promesses d'amélioration de leur salaire et de leurs conditions de travail.


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