Maroc:Les luttes des travailleurs et travailleuses dans le secteur privé

Publié le par Le Blog - la Voix Des Travailleurs - V.d.T.

par Ali Fkir (V.D-AMDH - Mohammedia)

 

Les 7 membres du bureau syndical (UMT) d'ARYAN'S, situé à Sidi Bernoussi-Casablanca, ont été condamnés le mardi 23 juin 2009 à 2 mois de prison avec sursis et à une amende de 1 000dh chacun.
Liste des syndicalistes condamnés: Yahya Asmsad (sécrétaire général), Adil Nacer, Abdellatif Saber, Lahcen Saeb, Abdelmajid Azir, Jaouad Jabrane, Adil C'est scandaleux!
J'exprime mon indignation
Je me solidarise avec les 7 victimes de l'arbitraire

 

 

samedi 6 juin 2009

Top Clothing Company, Casa : sit-in permanent contre les tours de passe-passe d'un patron escroc

par Ali Fkir, 29/5/2009

Top Clothing Company, est une entreprise de textile. Le nombre d'ouvriers et d'ouvrières (majorité) varie entre 100 et 150 selon le niveau de l'activité.
Pour "alléger ses charges", ce patron utilise une technique très simple: il dissout (juridiquement et sans verser d'indemnités) l'entreprise, crée une nouvelle. Seule la dénomination change: en général il garde le même personnel tout en remettant à zéro le "compteur" de l'ancienneté et en diminuant les salaires. Pour lui c'est une nouvelle entreprise qui embauche pour la première fois. Donc l'activité continue avec la même main d'oeuvre, avec moins de charges. Généralement il paie au dessous de SMIG, et triche dans la déclaration à la CNSS.
En un record de temps, il passe de ZAKITEX à KITEX, puis à Top Clothing Company, et puis il passe à MARBLE-STEEL. Mais cette fois -ci il licencie tout le monde, car les victimes ont décidé de s'organiser au sein de l'UMT pour faire face à cette stratégie maléfique de changement de dénomination. Pour la famille Kabbaj, il n'est pas question d'avoir "chez elle" des syndicalistes. Rappelons que cette famille est "propriétaire" d'autres entreprises.

 

Les ouvriers et les ouvrières en sit-in permanent devant l'usine attendent que les pouvoirs publics "compétents" interviennent pour imposer l'application du code de travail. Le patron de Top Clothing, comme tant d'autres(patrons) se situe au dessus de la loi: la loi n'est là que pour réprimer les travailleurs et les travailleuses. Les autorités concernées par les conflit sociaux sont complices des pratiques illégales des patrons.
La crise? mon oeil! pour les patrons, tout est permis pour se faire plus d'argent. Comment?
Prenons l'exemple suivant:
Un patron paie (avant "la crise") l'ouvrier 3000 dh le mois. Aujourd'hui, sous prétexte des difficultés, le patron licencie l'ancien ouvrier (sans indemnité aucune) et embauche 2 avec un salaire de 1500 dh chacun (au dessous du SMIG)
Donc avec la même somme d'argent il double sa capacité de production (en force de travail).
Supposons qu'il employait 600 ouvrier-es avec un salaire mensuel moyen de 3 000dh, avant la crise la masse salariale mensuelle était de 1 800 000dh.
En pleine "crise", les 600 ouvier-es (généralement, fraîchement embauché-es), vont être rémunéré-es en moyen à 1500dh, la masse salariale mensuelle passe alors à 900 000dh. Le patron économise: 1 800 000 -900 000= 900 000dh
Bien sûr qu'il y a d'autres petits paramètres, mais cet exemple donne une idée sur ce qui se passe dans le monde du travail au Maroc. Et l'Etat dans tout ça? l'Etat conseille aux partis politiques, aux syndicats et aux salarié-es d'accepter ces pratiques afin de "conserver les postes de travail".
C'est connu, au Maroc toutes les crises, tous les fléaux constituent des aubaines à des individus (couches ou classes sociales) pour se faire plus d'argent, pour agrandir leurs domaines (cas de sécheresse), pour sucer d'avantage le sang des travailleurs... C'est la loi de la jungle, la loi du plus fort, c'est la logique de la société de classes! C'est l'essence du capitalisme qui ne peut se développer qu'en suçant le sang des ouvriers et des ouvrières, qu'en appauvrissant la majorité du peuple!

 

 

La lutte des travailleurs de SN CITY WASH à Casablanca

par Ali Fkir, 28/05/2009
SN CITY WASH, est une grande société spécialisée dans le "sablage, délavage et teinture industriels " des produits de confection (textile). Elle emploie entre 400 et 600 ouvriers et ouvrières (selon le niveau de l'activité).
Le patron ne veut pas de syndicat "chez lui". Comme tant d'autres( patrons), il se situe au dessus de la loi.
Devant le non respect délibéré du code de travail par le patron (la durée de travail hebdomadaire, taux horaire, rémunération des heures supplémentaires, la déclaration à la CNSS, le respect de la dignité des travailleurs et des travailleuses...), les ouvriers et les ouvrières décidèrent de rejoindre les rangs de l'UMT (droit garanti par la constitution du pays), et ce le 30 avril 2009.
La réaction du patron ne s'était pas faite attendre:licenciement de 22 syndicalistes.
Le patron refuse toute discution malgré les convocations qu'il reçoit des autorités concernées.
Cette attitude illégale et méprisante a poussé les travailleurs et les travailleuses à organisé un sit in devant l'usine de CITY WASH en présence des représentants de l'UMT et des délégué-es des ouvriers et ouvrières de certaines entreprises, et ce le jeudi 28 mai 2009.
Les patrons se situent au dessus de la loi grâce à la complicité des divers appareils de l'Etat. Ils se sentent forts devant la faiblesse de la résistance ouvrière. La classe ouvrière ne peut relever le défi sans:
- L'unité syndicale
- La lutte organisée et consciente comme arme principale
- La solidarité ouvrière
- La conscience de classe: l'engagement politique militant, la conscience idéologique socialiste.
- Le parti politique propre à la classe ouvrière.
Il ne faut pas laisser la politique aux politicards bourgeois qui ne pensent qu'à leurs intérêts de classe.
La classe ouvrière marocaine est victime des manoeuvres scissionnistes des partis bourgeois, de la répression policière de l'Etat et des intrigues des bureaucrates tout azimut.

 

samedi 23 mai 2009

Le patronat agraire attaque

par Ali Fkir 22/05/2009
C'est incroyable, mais c'est vrai ! Les grands propriétaires terriens et autres capitalistes agraires manifestent à Agadir.
Contre qui ?
Contre les ouvriers, les "ingrats".
Que demandent ils?
Que l'Etat utilise plus de matraques contre ces "ingrats".
Pourquoi?
Par ce que ces "zoufrias" et "zoufriates", exigent le respect de la réglementation en vigueur:
- L'application du SMAG
- Le respect de la durée de travail hebdomadaire
- Le paiement des heures supplémentaires
- L'établissement des bulletins de paie
- La déclaration à la CNSS
- Le respect du droit à l'adhésion syndicale
- Le respect de la dignité des ouvrier-Ers
- Mettre fin au harcellement sexuel dont sont victimes les ouvrières
.......
La région de Chouka Aït Baha et du Sous Massa-Drâa ( plus de 100 000 ouviRer-Eres dont plus de 70 000 à Chtouka) est devenue l'eldorado (vert) des capitalistes (marocains et étrangers): terres fertiles, réserves d'eau relativement importantes, force de travail à très bon marcher, les rapports de productions médiévaux, la loi n'est faite que pour protéger les vampires agraires...les différents ministères (de l'agriculture, de l'intérieur, des finances...) sont totalement dévoués au service de ces voraces. Ceux-ci ne paient pas d'impôts! C'est le comble !!!
Depuis quelques temps, les capitalistes agraires organisent de véritables expéditions punitives contre les travailleurs et les travailleuses, recrutant pour cela des marginalisés et autres "bras cassés", épaulés dans cette sale besogne par les les forces de répression publiques. Des blessés, des détenus se comptent par dizaines. Les militants syndicalistes restent les premiers visés.
Les "patrons" ont manifesté à Agadir. Ils n'ont pas été gênés par les "forces de l'ordre". La télévision était là pour assurer la couverture de l'événement.
Et si c'étaient les ouvrierEs? les blessés (et pourquoi pas les morts) et les détenus seraient des centaines.
C'est très grave ce qui se passe dans le "monde de travail".
Les directions syndicales doivent sortir de leur torpeur, les militants doivent dépasser leur bavardages stériles, les distributeurs de promesses électorales sans lendemain doivent revoir leur stratégie de "démocratie par la démocratie".
À Chouka, dans le Sous Massa-Drâa, à Sidi Bernoussi, à Aïn Sebâa, à Skoura-Boulmane, à Larache, à Beni Mellal...la lutte des travailleurs est la même. La cause reste la même.
Nous devons tous réagir à ce qui se passe, le train de la lutte de classes n'attend pas les traînards.

 

 

 

Publié dans voixdestravailleurs

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