Compte-rendu du meeting de solidarité avec les luttes sociales au Maghreb, organisé par le Collectif Maghreb Solidarité, le 10 juin à la bourse du travail de Paris.

Publié le par Le Blog - la Voix Des Travailleurs - V.d.T.

Compte-rendu du meeting de solidarité avec les luttes sociales au Maghreb, organisé par le Collectif Maghreb Solidarité, le 10 juin à la bourse du travail de Paris.

 

 

La soirée a débutée par la projection du film « Redeyef : le combat de la dignité » qui retrace l'histoire de ces deux dernières années à travers les mots de femmes, épouses ou mères, d’ex- prisonniers du Mouvement du Bassin Minier de Gafsa.

, j’ai donné lecture à une allocution qui a porté sur l’historique de l’action que mènent les phosphatiers dans le cadre de leur syndicat UMT-Khouribga depuis juin 2009.

Mon témoignage a mis l’accent sur la stratégie mise en place par l’OCP et  qui consiste en la réduction drastique du coût de production et l’ouverture sur le capital étranger. J’ai informé l’assistance de la façon dont l’OCP a procédé en 2008 au changement de statut et comment il est passé d’une société semi-publique à une société anonyme. J’ai dénoncé ensuite la politique de l’OCP qui vise la réduction du coût de la charge salariale et le fait que nous étions les premières victimes de ce plan de licenciement préparé par l’OCP, après avoir travaillé de longues années dans le cadre de sa filiale SMESI dont il veut s’en débarrasser en tentant de nous obliger à signer de nouveaux contrats avec des sociétés sou-traitantes. Son objectif était de bafouer notre droit à l’intégration et la titularisation comme c’est le cas des ouvriers qui nous ont précédés et de s’assurer notre exploitation à bas prix. 

Ce licenciement abusif dont sont victimes les ouvriers, a eu des conséquences catastrophiques sur leurs familles. La plupart d’eux sont mariés, ont des enfants et prennent en général en charge leurs parents et leurs frères et sœurs. Ceci explique le nombre important des victimes. Ils se sont retrouvés dans l’incapacité de payer leurs loyers. Plusieurs d’entre eux se sont réfugiés chez leurs familles. D’autres ont été obligés de ne plus envoyer leurs enfants à l’école. Plus grave encore, quelques familles sont arrivées jusqu’au divorce et d’autres sont carrément poursuivies en justice par leurs bailleurs sans parler des familles qui ne peuvent se faire soigner quand on sait que les ouvriers n’ont aucune couverture médicale.

J’ai appelé les participantEs au meeting à continuer leurs actions aux côtés de tous les défenseurs des droits des ouvriers de SMESI-Régie pour nous soulager et nous soutenir dans notre combat jusqu’à la satisfaction de nos revendications légitimes que j’ai rappelées :

-         Libération sans conditions de tous les prisonniers

-         Réintégration sans conditions de tous les licenciés

-         Intégration et titularisation des ouvriers dans le cadre de l’OCP

-         Respect des droits, des libertés et de l’appartenance syndicale

 

D’autres témoignages et déclarations ont alimenté et enrichi cette réunion d’information, comme celle de Mme AIT SI RAHAL qui relate l’affaire de M. Mohamed AIT SI RAHAL. Ce dernier immigré marocain qui décède, en 2002, au commissariat de Marrakech suite à la torture subie de la part d’un officier de police, et les autorités tergiversent à exécuter le jugement rendu (10 ans d’emprisonnement et pourtant il est toujours à son poste de travail).

 

Une intervenante, décrit ce que subissent les militants de l'Union Générale des Etudiants Tunisiens (UGET) qui sont persécutés et torturés, interdits de passer leurs examens, exclus de l'Université, uniquement pour avoir exigé des conditions de logement décentes. Le pouvoir persiste à interdire la tenue du congrès de cette centrale syndicale étudiante.

Un militant sahraoui confirme que les pratiques de la direction de l’OCP sont les mêmes au Sahara Occidental (discriminations à l’embauche, interdiction de toute activité syndicale…). Une politique qui va de paire avec celle exercée à l’égard des étudiants sahraouis dans les universités marocaines….

A la fin du meeting, un message  du Comité International de Soutien au Syndicalisme Autonome Algérien (CISA) a relaté l’option de l’Etat Algérien à persister à criminaliser les mouvements sociaux et interdire toute activité syndicale indépendante.  Les syndicats autonomes subissent harcèlement, suspension, menaces de dissolution et création de clones. Les luttes se diversifient, telle celle des cheminots qui revendiquent des salaires décents et pour mot d'ordre «ce n'est pas à nous de payer leur crise».

 

Paris, le 10 juin 2010

Hamza Barakat

Membre du bureau syndical SMESI-Régie Khouribga

 

Participent au «Réseau Maghreb-Solidarité» les organisations suivantes:

Associations: AMF, ASDHOM, ATF , ATMF, CEDETIM, CISA, Comité de soutien au Bassin Minier, CORELSO, CRLDHT , FTCR , Groupe de soutien AMDH Paris, MRAP

Syndicats: CNT, Union Syndicale Solidaires

Partis politiques: voie democratique;FASE, NPA, PCF, PCOF, PCOT, PDP, PG, Verts,

 

 

 

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