Maroc: Massacre contre les employés de la mutuelle générale

Publié le par Le Blog - la Voix Des Travailleurs - V.d.T.

MGPAP : Massacre contre les employés de la mutuelle générale

Ce qui se passe actuellement à la mutuelle générale du personnel des administrations publiques (MGPAP) pourrait être considéré comme un véritable carnage : séquestration des employés dans un local ressemblant à une geôle de Guantanamo (privés d’eau et d’électricité et sans accès aux WC), licenciement abusif de presque de 30 personnes en l’espace d’une semaine en réplique à leur protestation syndicale, graves atteintes à la dignité des protestataires encadrés en toute légalité par leur syndicat (UMT) , syndicat le plus représentatif du secteur) ,…

Tout commença, lorsque le syndicat de l’UMT a décidé de mener une action de protestation contre le refus de la direction de la MGPAP d’ouvrir un dialogue constructif sur un certain nombre de points restants en suspens : régularisation de la situation des contractants (il s’agit de plus de 130 agents ayant un contrat CDD. Ces personnes travaillent depuis de nombreuses années à la MGPAP. Elles devaient  déjà être titularisées selon les dispositions du code du travail), amélioration de la situation matérielle des employés,…

On se rappelle que le président du conseil d’administration de la MGPAP avait annoncé, l’été dernier, qu’il y a 188 agents contractants à la mutuelle générale en position « illégale » et que leur masse salariale absorbe 55% du budget de fonctionnement, entraînant un « net déséquilibre financier ». Il a procédé par la suite au licenciement, dans des conditions douteuses, de 55 contractants. Lors de la présentation de la loi cadre 2010, la direction de la mutuelle a défini ses besoins en 210 postes budgétaires. Curieusement le nombre d’un « sureffectif » de 188 agents signalé ci-haut, est passé à un manque de 210 postes ( !!!). Cette fois-ci la direction de la MGPAP a prétendu que l’incidence financière de la masse salariale de ces postes ne dépasserait pas 30% du budget de fonctionnement, malgré que les profils de ces 210 postes sont plus élevés (et donc des salaires plus élevés) que les 188 postes des actuels contractants. La direction de la MGPAP a décidé de recourir à des concours de recrutement pour ces 210 postes. Le président du conseil d’administration a exigé que les contractants passent eux aussi ce concours. Pourtant ces derniers ont déjà passé un concours et suivi un stage d’insertion en vertu d’un contrat conclu entre l’ANAPEC et la MGPAP. L’examen de la note de service sur l’organisation des concours, montre qu’il s’agit d’un plan pour la liquidation de la majorité des agents en possession d’un contrat de travail. On a pu remarquer que dans cette note, l’administration a éliminé un certain nombre de profils existants actuellement et imposé des profils n’existant pas dans les ressources humaines de cette mutuelle (Bac + 5, dont certains postes ne sont d’aucune utilité comme par exemple le poste de conseiller du président , options spécifiques de quelques licences, qualifications exogènes,…).certains se posent la question si ces nouveaux postes seront affectés à un certain parti politique et aux membres de la famille et amis. L’histoire d’Elferraa en matière de recrutement illégal, risque de se répéter.

Conscients du danger, les contractants encadrés par le bureau syndicat de l’UMT, ont décidé d’accentuer leur protestation en organisant des sit-in pacifiques. Au lieu d’ouvrir un dialogue constructif, le président du conseil d’administration a augmenté son rythme de répression, pour arriver à un niveau jamais atteint dans les récents conflits sociaux,  rappelant un certain Basri lors des années de plomb. Jugez-en : fermeture à clef du local où les protestataires se sont regroupés avec coupure d’eau et d’électricité  et privation de toilettes, distribution d’une trentaine de licenciement pour les contractants sanctionnant ainsi l’usage du droit de grève garanti par la constitution, considéré selon ce présidant comme une grave faute professionnelle (si on suit ce raisonnement, hélas approuvé par l’avocat de la MGPAP, ce sont des millions de marocains qui ont suivi des mouvements de grève, qui doivent également être licenciés pour cette « grave faute professionnelle »). Les protestataires restent depuis plus de2 jours privés d’eau, d’électricité et de toilettes. Parmi eux, existent des femmes enceintes. Vu ces conditions insalubres, elles risquent à tout instant une interruption involontaire de grossesse. D’autres protestataires souffrent de maladies chroniques (une de ces personnes a perdu conscience, ce qui a nécessité son transport vers les urgences). C’est donc une atteinte aux droits humains.

L’attitude du président du conseil d’administration, dénote d’un certain cynisme et sadisme, qui sont des facteurs de nuisance pour la stabilité du personnel de la MGPAP. C’est un véritable couac pour la gestion actuelle de cette mutuelle.

Les syndicats et ONG des droits de l’homme doivent réagir avant que ça ne soit trop tard.

L’UMT-MGPAP.

 

Le syndicat marocain U.M.T. en bref :

 

-UMT : L'Union Marocaine du Travail, est une organisation syndicale marocaine fondée en mars 1955 à Casablanca avant l’indépendance du Maroc.

  

www.umt-usf.com

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans voixdestravailleurs

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