Maroc – Solidarité avec les travailleurs de l'OCP en lutte: www.npa2009.org

Publié le par Le Blog - la Voix Des Travailleurs - V.d.T.

Maroc – Solidarité avec les travailleurs de l'OCP en lutte

Depuis juillet 2009, 850 travailleurs de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) sont en lutte continue contre leur licenciement abusif par leur employeur, géant groupe étatique qui domine le marché mondial du phosphate. L’OCP, à travers sa filiale SMESI, n’a pas hésité à licencier les 850 travailleurs parce qu’ils ont décidé de créer un bureau syndical affilié à l’Union Marocaine du Travail (UMT), pour défendre leurs droits. Derrière cette décision se cache les finalités de la direction de l’OCP qui veut surtout augmenter sa rentabilité et remettre en cause tous les acquis sociaux des phosphatiers gagnés dans le passé aux prix de luttes ouvrières dures (plus de 3 mois de grève continue). Les dirigeants de l’OCP veulent remettre en cause la stabilité de l’emploi en supprimant les CDI et imposer une flexibilité-précarité à outrance notamment en multipliant les CDD par l’intermédiaire des sociétés d’intérim.

Les travailleurs licenciés se sont organisés pour défendre leurs droits et exiger de la part de la direction de l’OCP leur réintégration et leur titularisation. Un comité de solidarité national (Comité de Solidarité avec les Ouvriers de la SMESI – CSOS) a vu le jour, regroupant des militant-e-s de différentes villes du Maroc et de différentes forces de la gauche radicale et des représentants des travailleurs en lutte. Plusieurs initiatives ont été prises: manifestations et rassemblements notamment à Khouribga, ville minière et centre de production du phosphate, à Casablanca devant le siège de l’OCP, et à Rabat devant le ministère de l’énergie et des mines (ministère de tutelle) et devant le siège du parlement. Une caravane de solidarité a également été organisée par l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) et a connu un net succès.

Le pouvoir marocain, face à ces revendications légitimes, n’a apporté qu’une seule réponse: la répression contre les ouvriers, leurs familles et toutes les personnes solidaires de leur lutte. Plusieurs interventions musclées ont eu lieu contre les manifestations pacifiques organisées par les ouvriers en lutte, faisant des dizaines de blessés. Des poursuites judiciaires à l’encontre des manifestants sont également en cours.

Cette violente réponse s’inscrit pleinement dans la logique de la politique du pouvoir d’user de la force répressive contre tout mouvement contestataire. Le pouvoir au Maroc prouve encore une fois qu’il n’a pas changé de nature, dix ans après la mort de Hassan II: une dictature répressive qui défend les intérêts du grand capital, applique rigoureusement les politiques libérales des institutions financières internationales au dépend des intérêts de la population, emprisonne les militant-e-s (le groupe des étudiants de Marrakech – groupe de Zahra Boudkour – et d’autres détenus politiques croupissent encore dans les geôles du pouvoir marocain), bafoue la liberté d’expression et interdit les journaux indépendants (fermeture du «Journal Hebdo», titre phare de la presse indépendante), …

Dans le contexte actuel marqué par une situation économique qui ne cesse de se dégrader et des inégalités sociales qui ne cessent de se creuser, et face à la répression et au bafouement continu des droits fondamentaux des classes laborieuses, les luttes sociales au Maroc ne cessent de s’amplifier. Les travailleurs de l’OCP continuent à lutter pour le respect de leurs droits, convaincus que seule la lutte paie. Les diplômés chômeurs organisés dans plusieurs associations (et notamment l’AssociationNationale des Diplômés Chômeurs – ANDCM), malgré la répression féroce et les procès iniques, continuent à lutter depuis des années. Les habitants des quartiers populaires à Casablanca, les sans-logements à cause des intempéries, s’organisent pour exiger que l’Etat prenne ses responsabilités. Le mouvement étudiant, malgré la répression et les arrestations, continue sa lutte contre la réforme de l’enseignement qui a transformé les universités en des usines à chômeurs ou à main d’œuvre pas cher et corvéable à souhait. Le mouvement de grève dans l’éducation nationale, à Zagora et ailleurs, continue sans relâche pour la gratuité de l’enseignement. Les militant-e-s politiques et syndicalistes «lutte de classe », les militant-e-s des droits humains (notamment l’AMDH), le mouvement altermondialiste (Attac-Maroc), … continuent à lutter au quotidien contre les politiques libérales préconisées par les institutions financières internationales et mises en œuvre par le gouvernement marocain; contre la politique répressive du pouvoir marocain; pour défendre les intérêts des classes populaires.

Face à cette situation, la solidarité internationale doit continuer et s’amplifier car il s’agit d’un moyen de pression important sur le pouvoir marocain, mais également un élément important d’encouragement des travailleurs en lutte.

Mahmoud Tawri

www.npa2009.org

 

 

Entretien avec trois syndicalistes de la Smesi . Régie de L'UMT de Khouribga.

 

Quel est le statut des ouvriers de la SMESI au sein du groupe OCP et quelle est leur ancienneté ?

Le groupe OCP a connu durant les dix dernières années un déficit notoire en ressources humaines, notamment au niveau du Pôle des Mines de Khouribga suite au vieillissement de sa masse ouvrière et au départ massif à la retraite. Cette situation a obligé alors le groupe OCP à recruter en urgence pour combler le flagrant déficit subit.

Le société SMESI (société marocaine d’études spécialisés et industrielles), 100% filiale du groupe OCP, a commencé à partir de 2001 a faire appel à des ouvriers, suite au dépôt de ces premières demandes d’emploi pour satisfaire les besoins du groupe OCP dans les différents site du Pôles mines de Khouribga, tout en suivant les activités de ces agents: gestion administrative tel que les mutations des ouvriers et la réception des certificats médicaux d’aptitude, gestion financière tel que le suivi du pointage journalier et des factures de paiement, encadrement des ouvriers à travers des séminaires et des journées de formation et de sensibilisation en matière de sécurité; dotation des équipements de paiement individuelle (EPI) tels que: les bleus de travail, chaussures, casques…, définition par elle des taux horaires de rémunération selon la fonction, la qualification et le code objet de la convention entre le groupe OCP et la SMESI du 05 janvier 1979 dans laquelle le code reste un dénominateur commun entre les agents SMESI matricule, intégré récemment, et les agents SMESI régie, ce qui confirme la similarité de la situation des deux catégories de salariés.

Qu'en est-il des conditions de travail, salaires et revendications ?

Si les travailleurs de SMESI régie exercent les mêmes fonctions et missions accomplis que les salariés titularisés de l’OCP (production, conduite des engins, maintenance, électricité, gestion…), ils se distinguent par:

o                                De faibles salaires qui ne dépassent pas 2000, 00 DH/mois pour la majorité des ouvriers, alors que le salaire minimal d’un agent titulaire dépasse 6000, 00DH/mois!!!?

o                                l’absence de couverture sociomédicale,

o                                l’absence des primes et avantages sociaux: primes de rendement, prime de risque, prime de logement, prime fin d’année, prime de gratification…

o                                Privation des services sociaux,

o                                Manque de moyens de sécurité,

Par cette ségrégation, les travailleurs SMESI régie ressentent de l’humiliation et la marginalisation qui touchent profondément leur dignité, malgré leurs compétences techniques approuvées par les responsables et les cadres du groupe OCP.

Face à cette situation, les ouvriers SMESI régie, qui sont dans la majorité originaire de la région, fils de retraités de l’O.C.P ou de paysans dont les terres ont été confisquées par l’OCP, ont constitué leur bureau syndical sous couvert de l’UMT (union marocaine du travail) pour revendiquer leurs droits spoliés tels que l’intégration et la titularisation au sein du groupe et le respect des droits syndicaux.

Quelles ont été les différentes étapes de la lutte des travailleurs de la SMESI ?

Les travailleurs SMESI Régie, surnommés «Phosphatiers sans droits », ont travaillé pendant plus de 8 ans au sein des différents sites du groupe OCP, et étaient toujours sous la supervision et l'encadrement de la direction du groupe et de la société SMESI (…), ils exécutent des tâches similaires à celles des ouvriers titulaires de l’OCP, mais avec des salaires beaucoup plus faibles en étant privés de tous les droits dont jouissent les autres (subventions, primes, divers services sociaux ...) mais ce qui a accentué les sentiments d'humiliation et d'infériorité a été l'intégration au groupe OCP de 883 des travailleurs de la SMESI Matricule pendant l’été 2008 et leur exclusion sans aucune explication, alors que la note PDG-I-01 publié le 23 Juin 2008 appelait sans équivoque leur intégration et leur titularisation au sein du groupe, elle a été contredite par une autre directive ( note RE-205 ) de la direction générale de l’OCP qui les séparent une fois pour toute de la société SMESI, ce qui a mis la direction en contradiction avec ses déclarations: Si les travailleurs n’avaient rien avoir avec la société SMESI pourquoi elle a émise une note annonçant leur exclusion!!?.

Ainsi, les travailleurs mis devant le fait accompli, ont été poussés à défendre leurs droits. La direction de l’O.C.P a commencé à répéter que les travailleurs n'ont aucun lien légal et juridique soit avec le groupe soit avec sa filiale SMESI, et qu’ils sont liés à des sociétés d’intérim!!! pour les ouvriers ces sociétés sont appelées par la direction de l’O.C.P juste pour le paiement des salaires et ils ignorent tout sur ses sociétés, soit leurs propriétaires, ou leur siége, ses responsables et leurs taches, en plus ils n’ont jamais déposé chez elles leurs demandes d’emploi, c’est pour ses raisons que les ouvriers SMESI Régie les considèrent comme des sociétés utopiques, et même les autorités locales considèrent, selon la déclaration du «PACHA» de Khouribga, lors d’une rencontre avec le bureau syndical, ces sociétés comme des sociétés fantômes, car ils ont trouvés des difficultés à les identifier, en réalité se sont des sociétés qui visent le pillage des fonds publics ni plus ni moins.

Après une tentative ratée des travailleurs de constituer un bureau syndical au sein du syndicat nationale des phosphates affilié à la fédération démocratique du travail, en raison de l’autorité et la bureaucratie exercé par un de ses responsables sur les travailleurs, ils se sont orientés vers l’union marocaine du travail et ont constitué leur bureau syndical le 19 avril 2009. La direction de l’OCP commença à harceler les travailleurs de la SMESI Régie et surtout les membres du bureau syndical, elle a refusé de recevoir le dossier revendicatif, ce qui a poussé le bureau syndical à l’envoyer à la direction locale et centrale par des lettres recommandées, et a également commencé à pratiquer des pressions sur les travailleurs, et a arrêté entre fin juin et début août 2009 tous les travailleurs sous prétexte qu’ils ont refusé de signer des contrats temporaires avec des sociétés d’intérim. Plus de 8 ans de trime avec la société SMESI se sont évaporés.

En ce temps-là, les travailleurs avec l’aide de l’union locale des syndicats de Khouribga, ont commencé leur combat qui ne s’est pas arrêté depuis..

Le combat a connu différentes étapes, la première du début juillet jusqu’au mi septembre 2009, en ce temps là les autorités locales et régionales de Khouribga mènent des pressions sur le syndicat sans interdire les sit-in, après la caravane de solidarité organisée par le bureau central et la section locale de l’association marocaine des droits humains le 13 septembre 2009, la répression a commencé à peser lourdement sur tous les mouvements de lutte déclarés, elle s’est accentuée par des interventions musclées des forces de l’ordre le 15 septembre 2009, le 23 et 25 mars 2010, le premier et le 22 avril 2010, laissant des dizaines des blessés, 5 fracturés et des dizaines d’arrestations, 4 ouvriers sont traduits devant le tribunal de première instance au mois de septembre, acquittés peu après, maintenant, c’est 15 personnes, dont 13 syndicalistes qui sont arrêtés et emprisonnés à la prison locale de Khouribga en attente du verdict du tribunal de première instance.

Propos recueillis par Lotfi Chawqui.

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Housby Abdallah, secrétaire générale de l’UMT de Khouribga à propos de la lutte des travailleurs de l’OCP

Le secteur du phosphate a joué depuis longtemps un rôle décisif dans l’économie marocaine et l’OCP a constituél’une des toutes premières entreprise / unité économiques. Celle-ci s’est transformé en 2008 en SA, mettant en œuvre une politique de compression des coûts de production, notamment en s’appuyant sur des sociétés d’intérim. Par ce biais, les travailleurs recrutés sont automatiquement privés des acquis dont bénéficient les employés de la société, acquis issus de luttes qui n’ont cessé depuis les années 30 du siècle dernier. C’est ainsi que l’OCP s’est débarrassé sans préavis, ni indemnités de 850 ouvriers affiliés à la société Smesi, filiale à 100% de l’OCP, les incitant à signer des nouveaux contrats avec des sociétés d’intérim, en même temps qu’elle ouvrait certaines branches de la production, notamment de produits chimiques, aux capitaux étrangers.

Quand au «dialogue social», s’il faut noter l’existence d’une représentativité syndicale et le déroulement régulier de pourparlers, l’administration de l’OCP, par une politique associant le bâton et la carotte, a su intégrer les directions et nombre de responsables syndicaux sont devenus des conseillers de l’administration sur la manière de contrer toute activité syndicale réelle.

Au moment de la formation d’une section syndicale par les travailleurs de Smesi, on a eu droit à des communiqués provenant de trois syndicats dénigrant leur lutte et soutenant l’administration! Il n’y a pas lieu de s’étonner dans ces conditions de l’absence totale de solidarité à l’intérieur de l’OCP d’autant plus que l’administration craint, en cas de réintégration des ouvriers, l’affirmation d’un véritable syndicalisme indépendant.

Comment s’étonner que 13 mois après sa constitution, la direction de l’OCP n’a pas daigné recevoir la dossier de légalisation du syndicat et son cahier revendicatif ? Il faut aussi se rappeler nous sommes en face d’une administration, qui constitue un Etat dans l’Etat et la tutelle du premier ministère ou du ministère de l’énergie et des mines est purement formelle, le directeur étant nommé directement par décret royal lui donnant des pouvoirs supérieurs à n’importe quel ministre !

L’administration et le pouvoir central ont pariésur l’épuisement rapide de la mobilisation en comptant sur la faiblesse de l’expérience syndicale des travailleurs, du peu de soutien des structures syndicales de l’UMT au niveau local et national et de la faiblesse générale de la solidarité sur le plan national et international. La pression de la faim qui pèse sur les ouvriers et leurs familles privés de toute ressource ferait qu’ils accepteraient rapidement les conditions imposés par l’OCP et notamment la signature des contrats précaires avec les sociétés d’intérim. Mais quand ils se sont aperçus de la détermination intacte des travailleurs, du développement des actions de solidarité et de soutiens syndicaux, le niveau de répression a augmenté.

Ainsi le 15 septembre 2009, il y a eu une descente musclée et l’arrestation de 44 ouvriers dont des membres du bureau syndical, la poursuite judiciaire de 4 d’entre eux, relaxés par la suite. Ils sont allés jusqu’à interdire toute forme de protestation et de manifestation dans toute la ville de Khouribga. Et chaque action s’est retrouvée confronté à une répression méthodique.

Ainsi les 1et 25 février 2010, plusieurs corps répressifs (police, forces auxiliaires, forces d’intervention rapide) sont intervenus laissant sur le carreau des dizaines de blessés. Mais cela, n’a pas brisé la détermination des salariés qui sont restés fermement attachés à leur revendication d’une intégration sans condition et titularisation réelle, soutenus par un large courant de sympathie présent jusque dans les campagnes environnantes.

C’est dans ce contexte que le 22 avril, on a eu droit à une escalade en réponse à un sit-in/ occupation devant une entreprise du site dans la région de Khouribga: gaz lacrymogènes, tirs d’intimidation à balles réelles, arrestation de 13 travailleurs et citoyens solidaires. Cette vague de répression vise à imposer un climat de terreur visant aussi bien les travailleurs mobilisés que les soutiens actifs.

D’un point de vue général, la vague de solidarité est restée modeste, même si récemment, il y a eu l’implication d’unions locales et régionales liés à l’UMT. Ainsi l’union régionale de Rabat a décidé d’organiser une caravane de solidarité le 30 mai qui se déplacera à khouribga. L’union locale mobilisée depuis le début est fortement impliqué dans ce qu’elle considère comme sa propre lutte. L’AMDH a pu mobiliser prés de 40 sections le 13 septembre 2009 un temps fort de solidarité appuyé par la présence de 36 organisations, associatives, politiques, de défense des droits et l’implication d’organisations politiques, notamment de la voie démocratique qui a donné un écho constant à travers sa presse à la mobilisation.

La commission nationale de solidarité avec les ouvriers de Smesi a joué un rôle important pour faire connaître la lutte et les exactions commises aussi bien dans notre pays qu’à l’étranger mais il est important de noter que la solidarité a été principalement morale alors que la solidarité matérielle a été absente. Par ailleurs, la diffusion de l’information s’est faite essentiellement par le biais d’internet, la presse écrite et audiovisuelle n’a quasiment pas couvert le conflit malgré son ampleur.

L’OCP qui possède d’énormes moyens financiers et de solides appuis dans les corps de l’état a pu imposer un barrage médiatique quasi-totale. Dans ce contexte, la pression internationale a une importance aigue d’autant plus que l’Etat est sensible à son image et cherche à apparaitre comme défenseur des droits de l’homme et l’OCP à se présenter comme une entreprise moderne qui respecte les droits des travailleurs et des libertés syndicales.

C’est pourquoi nous pensons que des protestations publiques devant les ambassades, les consulats en Europe et en France, devant les bureaux de l’OCP ainsi qu’un relais large au niveau de la presse, des actions diverses de solidarité seraient les bienvenus. Et pourquoi pas une caravane de solidarité européenne ? Sans oublier d’intégrer des organisations qui ont un «poids» comme l’OIT, Amnesty, les grandes centrales syndicales telle que la CGT en France ou les commissions ouvrières en Espagne et d’autres dans le mouvement de solidarité, ce processus peut être un facteur réel pour gagner la bataille au profit des trvailleurs et imposer la libération de nos camarades.

Enfin, au nom des militants de l’Umt de Khouribga, nous vous adressons nos salutations fraternelles à tous ceux qui se solidarisent avec les travailleurs et leurs familles, notre syndicat et vive la solidarité ouvrière et internationaliste.

Propos recueillis par Lotfi Chawqui.

Maroc : solidarité avec les travailleurs en lutte!

 

Les mouvements sociaux s’amplifient sur l’ensemble du pays. Les travailleurs et citoyens marocains en lutte ont besoin d’un soutien international indéfectible.

Depuis juillet dernier, 850 travailleurs de l’Office chérifien des phosphates (OCP) sont en lutte continue contre leur licenciement abusif par leur employeur, géant groupe étatique qui domine le marché mondial du phosphate.
L’OCP, à travers sa filiale Smesi, n’a pas hésité à licencier les 850 travailleurs parce qu’ils ont décidé de créer un bureau syndical pour défendre leurs droits.
Derrière cette décision, la direction de l’OCP veut surtout augmenter sa rentabilité et remettre en cause tous les acquis sociaux des phosphatiers gagnés dans le passé et imposer une précarité à outrance, notamment en multipliant les CDD par l’intermédiaire des sociétés d’intérim.
Un comité de solidarité national (CSOS) a vu le jour, regroupant des représentants des travailleurs en lutte et des militants de différentes villes du Maroc et de différentes forces de la gauche radicale. Plusieurs initiatives ont été prises
: manifestations et rassemblements notamment à Khouribga, ville minière et centre de production du phosphate, à Casablanca devant le siège de l’OCP, et à Rabat devant le ministère de tutelle et le siège du Parlement. Une caravane de solidarité a également été organisée par l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et a connu un net succès.
Le pouvoir marocain, face à ces revendications légitimes, n’a apporté qu’une seule réponse
: la répression (des dizaines de blessés et plusieurs poursuites judiciaires). Le pouvoir au Maroc prouve encore une fois qu’il n’a pas changé de nature, dix ans après la mort de Hassan II: une dictature répressive qui défend les intérêts du grand capital, emprisonne les militants (le groupe des étudiants de Marrakech – groupe de Zahra – et d’autres détenus politiques croupissent encore dans les geôles du pouvoir marocain), bafoue la liberté d’expression et interdit les journaux indépendants (fermeture de Journal Hebdo, titre phare de la presse indépendante), etc.
Dans le contexte actuel marqué par une situation économique qui se dégrade et des inégalités sociales qui ne cessent de se creuser, et face au non-respect continu des droits fondamentaux des classes laborieuses, les luttes sociales au Maroc s’amplifient. Les travailleurs de l’OCP continuent de se battre, convaincus que seule la lutte paie. Le combat des diplômés chômeurs, organisés dans plusieurs associations, dure depuis des années, malgré la répression féroce et les procès iniques. Les habitants des quartiers populaires à Casablanca, les sans-logis à cause des intempéries, s’organisent pour exiger que l’État prenne ses responsabilités. Le mouvement étudiant, malgré la répression et les arrestations, se bat contre la réforme de l’enseignement qui a transformé les universités en des usines à chômeurs ou à main-d’œuvre pas chère et corvéable à souhait.
Le mouvement de grève dans l’Éducation nationale, à Zagora et ailleurs, revendique sans relâche la gratuité de l’enseignement.
Les militants politiques et syndicalistes, des droits humains (notamment l’AMDH), les altermondialistes (Attac-Maroc) luttent au quotidien contre les politiques libérales préconisées par les institutions financières internationales et mises en œuvre par le gouvernement marocain
; contre la politique répressive du pouvoir; pour défendre les intérêts des classes populaires.
Face à cette situation, la solidarité internationale doit continuer et s’amplifier car il s’agit d’un moyen de pression important sur le pouvoir marocain, mais également un élément important d’encouragement des travailleurs en lutte.
Mahmoud Tawri

 

Communiqué du NPA. Répression sanglante contre les travailleurs de l'Office Chérifien des Phosphates.

Le Nouveau Parti Anticapitaliste condamne fermement la répression féroce qui s'est abattue, le 25 février, sur les 850 ouvriers licenciés abusivement il y a six mois par l'Office Chérifien des Phosphates (OCP), groupe étatique marocain qui domine le marché mondial du phosphate.

Les forces de l'ordre ont blessé des dizaines de travailleurs qui organisaient un sit-in à Khouribga, à la suite de l'interdiction de leurs précédentes tentatives de manifestations pacifiques et nombre d'entre eux ont dû être hospitalisés, dont certains dans un état grave.

Au moment où l'OCP réalise un chiffre d'affaires historique et paie grassement ses actionnaires, il licencie les ouvriers qui voulaient constituer un bureau syndical pour défendre leurs droits fondamentaux. L'OCP prive, ainsi, de toute ressource 850 familles qui vivent dans la précarité.

Le NPA réaffirme son soutien inconditionnel à la lutte légitime des ouvriers licenciés depuis juillet dernier, exige leur réintégration immédiate, la titularisation de tous les salariés et l'arrêt des poursuites judiciaires à leur encontre.

Le 2 mars 2010.

 

 

Communiqué de presse unitaire. Solidarité avec les 850 phosphatiers licenciés à Khourigba (Maroc).

En juillet 2009 l'Office Chérifien de Phosphate (OCP) a licencié abusivement 850 ouvriers qui travaillaient dans sa filiale SMESI. Les raisons de ce licenciement tiennent à la constitution d’un bureau syndical et à la volonté de la direction d’imposer une flexibilité à outrance notamment en obligeant les salariés à contracter des CDD de trois mois par l’intermédiaire de sociétés d’intérim. Au moment où l’OCP réalise, malgré la crise, un chiffre d’affaires historique et paye grassement ses actionnaires, il vise à accompagner sa transformation en société anonyme par une remise en cause généralisée des droits des travailleurs.

Une véritable répression s’est déchaînée sur les ouvriers : la ville de Khouribga est quadrillée par les forces de l’ordre, des syndicalistes sont poursuivis, en même temps que la direction fait appel à des retraités pour maintenir son niveau d'activité. Elle refuse par ailleurs d’ouvrir toute négociation sur les revendications des salariés.

Depuis le mois de juillet, 850 familles sont privées de toute ressource. Leurs conditions de vie, déjà précaires, se sont gravement détériorées.

Nous saluons la résistance des phosphatiers, affirmons notre solidarité pleine et entière à leur lutte et exigeons le respect des libertés syndicales, la titularisation définitive de tous les salariés, la réintégration des ouvriers licenciés et l’arrêt des poursuites judiciaires à l'encontre des quatre syndicalistes déférés devant le tribunal et de toute forme de répression.

Premiers signataires: AMF, ASDHOM, ATMF, ATTAC, CNT, CORELSO, FASE, FTCR, No Vox, NPA, PCF, PCOF, PCOT, Solidaires, Voie Démocratique, ...

Le 20 novembre 2009.

 

www.npa2009.org

 

Publié dans voixdestravailleurs

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maziri driss 20/09/2010 14:21



cette nouvelle action de licenciement de 850 ouvriers ne m"etoune pas ,pourquoi?


 je suis un ex-agant OCP (electricien dragline),ex-president de la coumission du statut et du personnel(CDT),j"est travaille" 14 annees au sain du groupe .


En 1986 j"etait licencie" abusivement par le chef de division DP/BG ben gherir parcequeu  je ne voulais pas colaborer avec lui contre l"interet du personnels.


alors j"ai poser une plainte aupres du tribunal de casablanca contre l"OCP .helas apres 12 annees de vat et vient ,le verdict est le suivant=


  -licenciement abusif approuvee" par la court.


  -80.000 DH comme frais de licenciement abusif (dans 20.000 DH pour l"avocat).


      En fin de compte j"ai pas le droit a la retraite.