Maroc: Veolia : Communiqué sur scandale transport à Rabat

Publié le par Le Blog - la Voix Des Travailleurs - V.d.T.

Attac Maroc/ Rabat             AMDH/ Rabat                       UMT/ Rabat                ACME MAROC 

                                                    

 

ANDCM (Association Nationale des Diplômés-Chômeurs/ Rabat.     

 

INDBP (Instance nationale de défense des biens publics)

 

Communiqué de presse

Transport : les usagers ont le droit de savoir et de donner leur avis

Rabat, le 21 avril 2011

Depuis quelques jours, la presse fait état du désengagement de la société Stareo de la gestion des autobus de Rabat ;

Les organisations signataires ont,  à plusieurs reprises,  déjà interpellé les autorités de la ville sur les graves disfonctionnement du transport urbain de Rabat et plus largement sur l’ensemble de la gestion déléguée, sans qu’aucune réponse ne leur aient été données. Aussi nous devrions nous réjouir d’apprendre que la société STAREO (nom derrière lequel se cache son principal actionnaire, la multinationale VEOLIA) s’apprête à passer la main.

Mais  les conditions dans lesquelles est dénoncé le contrat qui lie cette société à la municipalité nous incitent plutôt à l’inquiétude, étant données l’opacité et la précipitation dans lesquelles s’effectue l’opération. On apprend subitement que des pertes colossales ont été enregistrées en moins d’un an et demi, d’un montant qui varie de 300 à 700 millions de dirhams selon le journal qui en parle et la date à laquelle l’information est éditée. Il ne s’agit pas là de variations de détail mais de différences considérables. N’y avait-il donc aucune instance  de contrôle ? Ou avait-on tenu les problèmes secrets ?

Les habitants de Rabat sont en droit de savoir la vérité et d’avoir accès à une information officielle et fiable. Le bilan de la société STAREO doit être rendu public et doit faire l’objet des procédures de validation transparentes par des commissaires aux comptes désignés à cet effet.

Rappelons à ce sujet qu’un lourd conflit oppose la même société VEOLIA à l’ancien maire de Tanger, au sujet d’une gestion financière pour le moins douteuse , confirmée par le rapport de la Cour des Comptes.

On ne peut, dans ces conditions, croire sur parole le bilan affiché par la société. Et ce d’autant moins que l’on ignore quel usage a été fait de l’emprunt de 2 milliards de dirhams contracté au moment de l’installation de la société afin de renouveler le parc d’autobus. Nous savons seulement qu’il manque encore à ce jour près de 100 autobus sur les 500 annoncés. Où sont donc passés les sommes prévues à cet effet ? Qui va payer le remboursement de ce prêt ? Qui va payer les pertes de la société Stareo ?

Par ailleurs, on constate que l’argumentaire avancé par la société Stareo dans différentes déclarations de presse relève de la plus pure fantaisie et repose sur une gestion pour le moins hasardeuse. Peut-on croire qu’une entreprise ayant plus d’un siècle d’expérience dans le domaine n’ait pas fait d’étude préalable, ignorait qu’un certain nombre d’administrations disposaient d’un transport spécifique pour leur personnel, n’avait  pas intégré dans son plan d’action l’accroissement prévisible de la ville et ses extensions pourtant déjà sorties de terre, ne connaissait pas le nombre de taxis qui sillonnent la ville. Qui peut croire à la fable du transport clandestin qui serait la cause de la faillite alors que c’est l’incapacité même de Stareo à transporter les habitants de la ville qui a entraîné un développement exponentiel de ce type de transport, qui a même été encadré à une certain période, par les agents d’autorité. Ne confondons pas les causes et les conséquences.

Après les souffrances endurées par les usagers du transport urbain de Salé, Rabat, Skhirat et Témara, les habitants de la région sont légitimement en droit de se poser des questions sur le futur de leur transport public. Après avoir entendu que Stareo assurerait la transition pendant six mois, ils apprennent quelques jours plus tard à peine que dans la semaine qui suit, une nouvelle société, dite de développement local (que recouvre précisément cette appellation ?) prendra le relais pour deux mois avant qu’un appel d’offre permette de mettre en place une nouvelle structure. Nous sommes donc dans l’improvisation et le provisoire le plus complet, sans aucun  débat public  sur la nature de la crise du transport urbain et les moyens d’y porter remède. Comment cela va-t-il se traduire dans le quotidien des habitants de Rabat ? Comment croire aux promesses qu’il n’y aura pas de perturbation et qu’il n’y aura pas de licenciements, après le calvaire enduré par les habitants lors de l’installation de Stareo, les licenciements et le chômage technique subis par les employés.

Aucune information ne filtre non plus sur la mise en service du tramway. Accusant déjà un grand retard, sa gestion sera-t-elle confiée  à une entreprise qui a géré de façon aussi calamiteuse le parc d’autobus ?

On sait par ailleurs, même si ce texte n’a pas non plus été rendu public, que toutes ces décisions, prises dans la précipitation, font suite à un rapport réalisé par  Mr Brahim El Joummani, vice-président du conseil de la ville de Rabat, qui était également l’un des principaux opérateurs dans le transport urbain rbati, avant l’arrivée de Stareo. Sans préjuger de la qualité de ce rapport, que nous n’avons pu consulter, nous constatons que son rédacteur est à la fois  juge et partie, autorité délégante et victime du délégataire.  Comment ne  pas craindre des conflits d’intérêts dans la gestion présente et future de la crise du système de transport ?     

Au terme de  ces questions qui restent aujourd’hui encore en suspens, nous, organisations signataires de ce communiqué, affirmons

-         Que les habitants de Rabat ont le droit de savoir les tenants et les aboutissants de la gestion de leur transport urbain.

Nous demandons en conséquence que le bilan de la société soit rendu public ainsi que tous les textes permettant d’avoir accès à l’ensemble des données du problème (rapport de la cour des comptes, rapport du vice-président du conseil municipal notamment)

-         Que les habitants de Rabat ont leur mot à dire sur l’avenir de leur transport urbain (bus et tramway réunis) et sur la manière dont seront prises les décisions les concernant en premier chef.

Nous demandons en conséquence que l’ensemble des scénarios envisagés soient annoncés publiquement pour que les habitants de Rabat puissent en débattre et faire remonter d’éventuelles propositions alternatives. Le retour à la régie publique, sous contrôle citoyen, est à l’ordre du jour.

 

-         Qu’il n’appartient pas aux habitants de Rabat de payer pour la gestion calamiteuse de leur système de transport et pour le choix de la gestion déléguée, pour lequel ils n’ont pas été consultés. Ils ont déjà  payé en terme de temps d’attente, de fatigue et d’énervement.

La ville de Rabat et ses instances administratives et élues portent l’entière  responsabilité politique de la situation qui prévaut dans le transport urbain de la ville et portera l’entière responsabilité de tous les dysfonctionnements qui sont à prévoir dans un futur proche et dont pourraient pâtir les habitants.

POUR UNE GESTION TRANSPARENTE ET PARTICIPATIVE DES TRANSPORTS URBAINS

POUR UNE GESTION PUBLIQUE, SAINE, TRANSPARENTE ET PARTICIPATIVE  DES SERVICES PUBLICS

 

 

 

Publié dans voixdestravailleurs

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